Sophie January 17, 2018

La lumière nocturne nuit-elle à la santé ?

Avec la disparition des nuits noires, une menace plane sur la santé humaine. La pollution lumineuse dérègle notre métabolisme ainsi que des mécanismes essentiels au bon fonctionnement de notre organisme.
Une étude publiée dans la revue “Sciences Advances”, confirme que notre planète vue de l’espace, ressemble à une boule de feu, la nuit. L’association pour la protection du ciel et de l’environnement nocturnes avait calculé il y a déjà quelques mois de ça que la quantité de lumière artificielle émise sur Terre a augmentée de 94% depuis les années 1990. Dans cette nouvelle publication, le centre du GFZ de recherche en géophysique situé à Potsdam vient confirmer cette tendance et en a déterminé un rythme : “L’éclairage artificiel a augmenté à un taux estimé de 3 % à 6 % par an pendant la seconde moitié du XXe siècle, et cette croissance annuelle s’établit désormais à 2,2 %” expose Christopher Kyba, l’un des co-auteurs de l’étude et spécialiste de l’impact écologique de l’éclairage extérieur.
Afin de mesurer cette “perte de nuit”, les chercheurs ont équipé le satellite météorologique américain Suomi, d’un radiomètre à imagerie infrarouge visible qui a réussi à mettre en évidence que, n’importe ou sur la planète, les rayonnements nuisibles à l’obscurité ont considérablement augmentés, créant ainsi un halo de lumière omniprésent. De plus, le phénomène mesuré sur plusieurs campagnes, ne fait qu’augmenter avec notamment le remplacement massif du parc de lampes à sodium par les diodes électroluminescentes (LED). Depuis l’année 1992, en France, les points lumineux sur la voirie ont augmenté de 89%, pour atteindre aujourd’hui plus de 11 millions de lampadaires à cause de l’étalement urbain. La durée d’éclairage à elle aussi augmentée passant de 2100 à 3500 heures par an. Selon le chercheur de l’institut de la technologie et de la science de la pollution lumineuse, Fabio Falci, qui a conduit le dernier “Atlas mondial de la pollution lumineuse”, publié l’année dernière dans la même revue, que l’article écrit par les chercheurs de Potsdam : « plus de 80 % de l’humanité vit désormais sous des cieux inondés de lumière artificielle, et un tiers ne peut jamais voir la Voie lactée » Le scientifique explique également que : « l’intensité lumineuse et les couleurs de la technologie LED pourraient entraîner un doublement, voire un triplement, de la luminescence du ciel pendant des nuits noires ».

Les problèmes des LED

La grande majorité des astronomes amateurs confirment la quasi-disparition du ciel de notre champ de vision. « La Grande Ourse comprend 400 étoiles théoriquement visibles à l’oeil nu. Une quarantaine seulement est perceptible dans les environnements les moins pollués, et en ville, on en voit généralement moins de dix » certifi Bruno Monflier, créateur de la ferme des étoiles, une association située dans le Gers afin de permettre au grand-public d’observer les merveilles du ciel nocturne.

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